CULTURE ET LOISIRS – Musée

Le musée de Salagon

 

Le musée de Salagon est un musée départemental, composé d’un prieuré d’époque Renaissance et d’une église romane classé monument historique mais aussi de six hectares de jardins. Labellisé Musée de France, Jardin remarquable et ethnopôle, il entend valoriser la culture passée et contemporaine de la société provençale. En particulier, ses jardins ethnobotaniques racontent l’histoire de la relation aux plantes des habitants de la Haute-Provence. Le musée de Salagon regroupe à ce jour environ 1 700 espèces de plantes et une collection de plus de 15 000 objets ethnographiques.

 

Le musée Salagon, c’est toute une histoire

2 000 ans d’histoire du prieuré de Salagon vous sont racontés. Pierres inscrites ou sculptées, éléments de décors, objets révélés par les fouilles et maquettes vous font remonter le cours des siècles pour découvrir les premières traces d’occupation du site de Salagon, comprendre le contexte de création du premier édifice religieux, découvrir les différentes vies du site au fil de son histoire et de son développement, imaginer la vie au temps des moines puis des prieurs…

Deux belles maquettes accessibles aux malvoyants sont également présentées. L’une offre une vue d’ensemble de l’architecture des bâtiments de Salagon. L’autre montre les différentes occupations du site telles que reconstituées par les archéologues. 8 campagnes de fouilles menées à partir des années soixante jusqu’à la fin des années 2000 ont permis en effet de découvrir la formidable chronologie de Salagon.

 

Le musée de Salagon : sa création

 

Pourquoi à MANE ?

L’investissement bénévole d’une association locale dans un premier temps, l’implication de l’État et des collectivités territoriales depuis 1981, ont permis de préserver le monument historique, d’y installer le musée puis les jardins.

 

Les vies de Salagon

Au fil de 2000 ans d’histoire, le site de Salagon a connu toutes sortes d’usages : habitat néolithique, ferme gauloise, villa gallo-romaine, basilique funéraire dans l’Antiquité tardive, prieuré bénédictin, résidence de campagne, puis une ferme à nouveau, jouxtant l’église rendue au culte et classée Monument historique en 1922…

Après la Seconde Guerre mondiale, pendant laquelle l’armée italienne réquisitionna l’église pour en faire une écurie, il fallait être visionnaire pour imaginer qu’un musée pouvait naître ici, trente ans plus tard…

 

 

Pierre Martel, père fondateur

En 1953, l’abbé Pierre Martel, curé de Mane, fonde l’association Alpes de Lumière. Objectif : l’étude, la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine bâti, naturel et culturel de la haute Provence, incluant les savoir-faire locaux, architecturaux, domestiques ou environnementaux. À cette époque, le monde paysan est peu considéré.

Les campagnes se vident, en haute Provence comme ailleurs. Pour conserver, valoriser et transmettre aux nouvelles générations une culture rurale qui disparaît, Alpes de Lumière réunit témoignages, archives, photos, objets… Un fonds à l’origine des collections du musée.

 

 

Naissance d’un musée

Sous l’impulsion de Pierre Martel et de l’association, un projet culturel se dessine pour l’avenir de Salagon. En 1981, la commune de Mane engage sa concrétisation en rachetant le site au dernier propriétaire. Alpes de Lumière ouvre au public un Conservatoire ethnologique de la haute Provence, qui préfigure le musée d’aujourd’hui.

Cette même année 1981, le site de Salagon est entièrement classé Monument historique. Un nouveau chapitre de réhabilitation commence, il s’étendra sur une quinzaine d’années avec le concours de la commune, du Département (qui deviendra propriétaire des lieux en 1984), du Conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, du Ministère de la Culture. L’archéologue Guy Barruol, président de l’association Alpes du Lumière, porte le projet de restauration des bâtiments. 

Entre temps, le musée de Salagon est officiellement créé, les jardins ethnobotaniques voient le jour. Quelques années avant leur création, Pierre Lieutaghi avait fait un inventaire des plantes de la pharmacopée populaire en haute Provence (dans le cadre d’un appel d’offre du Ministère de la Culture sur les savoirs naturalistes populaires.

En janvier 2000, le site dans son intégralité est repris par le Département des Alpes de Haute-Provence. Cela permet la professionnalisation progressive du musée, qui obtient en 2002 le label « Musée de France ».

Il fallait être visionnaire pour imaginer qu’un musée pouvait naître ici, trente ans plus tard…