Les Manarains célèbres – Louis Marius ROUIT

Les Manarains célèbres : Louis Marius ROUIT

 

Louis Marius ROUIT : Humaniste, Républicain et « résistant »

Né à MANE le 21 pluviose an VII (9 février 1799). Ses parents sont de riches propriétaires fonciers.

Il fait ses études de médecine à Paris où il aura comme professeur le Dr Laennec.

Puis, il exerce à MANE et devient Maire de la commune à deux reprises, il sera révoqué pour propos inconvenants et offenses l’égard du Sous-Préfet.

Il participe activement au soulèvement de 1851.

 

Le soulèvement de 1851

Après l’élection du futur Napoléon III, (élu par 70% des électeurs lors de la première élection au suffrage universel en France) ROUIT avait compris que ce dernier ne se contenterait pas du seul mandat auquel la constitution l’autoriserait, aussi a-t-il rejoint une de ces sociétés secrètes qui se créaient ici et là pour résister en cas d’atteinte aux institutions. La suite, nous la connaissons (Lire le roman de Luc Willette « Et la montagne fleurira ») : le 2 décembre 1851, Napoléon fait arrêter les députés et abolit la constitution. Le 5 décembre 1851, jour de marché à Mane, un coup de fusil est tiré, c’est le signal du soulèvement. Les insurgés se dirigent vers Forcalquier et s’emparent de la Sous-Préfecture, puis il s’empareront de la Préfecture de Digne. par malheur pour les révoltés, ce soulèvement est un acte isolé, la France entière a accepté le coup d’État et l’armée en se concentrant sur notre département fait échouer la rébellion, les insurgés sont arrêtés et déportés.

Louis ROUIT est condamné à la transportation en Afrique, la sentence qui le condamne est pour le moins laconique « individu intelligent, meneur d’hommes, dangereux ».

 

Son retour après 6 ans d’exil

Dans une lettre émouvante, (dans les « mange-chien » Jean-François LEFORT nous en livre le texte) il décrit son retour à MANE, la population entière s’était massée, pour l’accueillir, même ceux qui n’auraient pas dû être là, il y retrace les témoignages de sympathie mais également les menaces d’intimidation de l’autorité.

Il poursuit son œuvre d’humanistes et reste fidèle à ses idées jusqu’à sa mort le 23 juin 1878, quelques mois hélas avant l’avènement de la République à laquelle il aspirait, celle de Jules Grévy, le 30 janvier 1879.

Il a légué à la commune de MANE, sa bibliothèque qui se compose de nombreux ouvrages sur la médecine, mais également de la poésie, des livres d’heures et même un dictionnaire du provençal.